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Hommage à Rolande Trempé (1916-2016)

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Reçue à l'Ecole normale en 1936 pour devenir professeure d'histoire-géographie, Rolande Trempé commence à enseigner à Paris (1939) puis à Charleville-Mézières (1942). Durant la Seconde Guerre mondiale, elle adhére au Parti Communiste Français et devient une résistante active. Elle participe à la fondation de l'Union des Femmes Françaises (organisation féminine dépendante du PCF) dans le département des Ardennes.

Rolande Trempé arrive à Toulouse en 1947 pour enseigner la pédagogie dans la section féminine de l’École Normale Nationale d’Apprentissage. Parallélement, elle s’inscrit en Diplôme d’études supérieures d’histoire sous la direction de Jacques Godechot.

Son DES obtenu, elle débute une thése en histoire sociale sur les mineurs de Carmaux. En 1961, elle participe avec Jean Maitron à la fondation de la revue Le Mouvement Social puis devient assistante à la Faculté des Lettres de Toulouse, un poste qui lui permet de parfaire sa formation. Universitaire et spécialiste de la mine et des mineurs, elle développe des thématiques de recherche novatrices et participe au renouvellement des pratiques pédagogiques. 

Rolande Trempé est l'une des pionnières de l'histoire des femmes. Dès 1976, "Six ans après que Monique Haicault ait inclus la variable du sexe dans le domaine du travail à l'intérieur de son cours de sociologie, deux autres enseignantes, Anne-Marie Lebourg Oulé en lettres modernes et Rolande Trempé en histoire, décident à leur tour d'introduire la problématique féministe dans leurs disciplines respectives en créant deux cours spécifiquement tournés vers cet objet d'étude" (Voir Amiel Sylvie, Trente ans d'études féministes à l'université Toulouse le Mirail (1970-2000), mémoire sous la direction de Djamila Amrane, 2000, p. 20). Elle assure avec Janine Garrisson-Estèbe deux cours sur "La condition féminine à l'époque moderne et contemporaine".
En 1979, Rolande Trempé s'investit dans la fondation du Groupe de Recherches Interdisciplinaire d’Étude des Femmes (GRIEF). Pour en savoir plus voir par exemple :
- Agnès Fine et Claudine Leduc, « Le grief, une expérience de recherche interdisciplinaire », Clio. Femmes, Genre, Histoire [En ligne], 32 | 2010, mis en ligne le 31 décembre 2012, consulté le 14 avril 2016. URL : http://clio.revues.org/9857 ; DOI : 10.4000/clio.9857
- L'article de Sylvie Chaperon sur Le début des études féministes à l'Université de Toulouse-le Mirail : http://sms.hypotheses.org/1708


En 1983, dès la fin de sa carrière universitaire, elle se tourne vers une histoire qu’elle qualifie d’accessible à tous. Elle organise des cafés-histoire dans l’Hérault et la Somme, donne des cours d’éducation populaire à la Bourse du travail de Toulouse et met en place des cycles de conférences.

Elle s'intéresse à la Résistance, en particulier à l’histoire de ses représentants étrangers des FTP-Main-d’œuvre immigrée (MOI), ce qui lui ouvre de nouvelles perspectives pour étudier le monde du travail. Elle collabore également avec Achille Blondeau à la création de l’Institut d’histoire sociale de la mine.

Depuis le début des années 2000, Rolande Trempé s’interroge sur la manière dont se construit l’historien, à la fois acteur et écrivain de l’histoire. 


Voir l'article de Clair Juilliet : Rolande Trempé, une historienne dans son siècle (https://sms.hypotheses.org/3773)


Deux autres manières de connaître la vie et l'étendue de l'oeuvre de Rolande Trempé :
- L'entretien que Rolande Trempé a accordé fin janvier à Marianne Debouzy, Ingrid Hayes, Michel Pigenet et Patrick Fridenson paraîtra dans le numéro d'avril-juin 2016 du Mouvement Social ;
- la notice biographique que le Dictionnaire créé par Jean Maitron avait choisi de lui consacrer, oeuvre de Michelle Perrot, paraîtra prochainement dans le dernier tome de la série 1940-1968 du Maitron aux Editions de l'Atelier.


Bibliographie : 
 
  • Solidaires : Les Bourses du Travail, Paris, Scanéditions, 1993.
  • Les trois batailles du charbon : 1936-1947, Paris : La Découverte, 1989.
  • L’État et nous, pays toulousain et instances nationales du XVIe siècle à nos jours, Toulouse, PUM, 1989.
  • Les mineurs de Carmaux (1848-1914), Paris, Les Éditions Ouvrières, 2 vol., 1971.



Rolande Trempé, Les premières électrices françaises