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Les Jeudis du Genre. Chloé Monasterolo: "Le genre dans l'espace. Visibilité et internet"

le 16 novembre 2017
12h30-14h00

Jeudis du genre

Jeudis du genre

Séminaire les "Jeudis du Genre"

A l’ère de préoccupations post-humanistes grandissantes, un temps où nous serions "des chimères, des hybrides de machines et organismes théorisés et fabriqués" (1), nous nous devons d’interroger la représentation des genres dans un univers marqué par la présence croissante d’interespaces médiatiques. Visibilité et genre sont deux thèmes qui s’entremêlent dans les films The Bling Ring (Sofia Coppola, 2013), Easy A (Will Gluck, 2010) et Disconnect (Henry Alex Rubin, 2012), trois exemples dans lesquels des jeunes de cette culture dite de la convergence (2) entretiennent une relation privilégiée avec les nouveaux médias.

The Bling Ring retrace l’histoire vraie très médiatisée d’un groupe de cambrioleurs adolescents de Silicon Valley qui entre 2008 et 2009 se sont introduit dans les maisons de stars d’Hollywood afin de s’emparer de leurs produits de marques, mais aussi de s’imprégner de leur aura et d’investir leur célébrité. Easy A, structuré par la narration de type Vlog de la protagoniste, renvoie explicitement au roman La Lettre Ecarlate de Nathaniel Hawthorne afin de critiquer le voyeurisme étouffant dont sont victimes les jeunes filles dans leur développement sexuel. Ces deux premiers films, ancrés dans une culture, sinon une idéologie, postféministe, mettent en exergue l’importance significative du fait de se vêtir et de se mettre en scène, interrogeant tous deux cette "idée postféministe selon laquelle les femmes s’émancipent par la consommation en se créant une identité qu’elles peuvent porter ou retirer à volonté" (3). Dans ces deux films on constate une négociation de pouvoir entre femmes et hommes qui se traduit par une tension au niveau de leur control de l’image, rendant plus explicite la dramatisation du genre dans un environnement où l’espace médiatique œuvre à définir l’espace publique. C’est en ceci que le film Disconnect opère différemment, mettant en scènes un jeune garçon qui se crée une identité féminine dont il se sert comme appât pour humilier un camarade, mais à travers laquelle se révèle temporairement une facette de sa personne libérée de la contrainte de son identité masculine publique.

Si ces trois films accordent un regard critique sur les potentiels fragiles des nouveaux médias, ils soulignent davantage les pièges de la présence dans le développement des jeunes de ces autres espaces de visibilité. L’accent de mon étude sera donc porté sur le rapport entretenu entre espace (physique et virtuel) et mise en scène d’identité(s) genrées par les personnages, interrogeant le degré de détermination du lieu dans lequel l’individu est en représentation et le médium par lequel il se construit.



(1) HARAWAY Donna, “A Cyborg Manifesto: Science, Technology, and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century.” Simians, Cyborgs and Women: The Reinvention of Nature. New York; Routledge, 1991. 150.

(2) JENKINS, Henry. Convergence Culture: Where Old and New Media Collide. New York: New York UP, 2006

(3) KENNEDY, T., 2010. “Off with Hollywood’s head: Sofia Coppola as feminine auteur.” Film Criticism, 35 (1). 55."[…] postfeminist idea that women are empowered through consumption by creating an identity that they can wear or remove at their will". Notre traduction.

Cette séance est ouverte aux étudiant.e.s du Réseau de Masters Arpège dans le cadre du séminaire interdisciplinaire. Elle se déroulera en français.

Contact :
Catherine Delyfer
Lieu(x) :
Maison de la Recherche, salle F315

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