Epistémologie critique du soin : Enquêter la souffrance

Publié le 5 janvier 2023 Mis à jour le 5 janvier 2023
le 14 février 2023
de 14h à 17h
Ces dernières années, des recherches et publications en histoire de la médecine coloniale ont suscité des débats sur l’éthique de la recherche et la politique des savoirs : à quelles conditions pouvons-nous documenter la violence faite aux corps et aux vies, comment l’attester sans les exhiber encore et encore, sans violenter les vies violentées ? Autrement dit, comment éviter que nos propres démarches d’enquête ne réitèrent pas une violence, une offense épistémiques, ne reproduisent pas de l’ignorance ?
A partir des archives de l’histoire médicale précoloniale, des archives de l’histoire de la gynécologie et de l’obstétrique moderne, de la médecine esclavagiste et coloniale, il s’agira ici d’appliquer la critique à la démarche critique elle-même – en élaborant ce qui pourrait constituer une éthique de la démonstration qui ne tombe pas dans la monstration des vaincu.es, en élaborant une épistémologie du soin qui ne se complaît pas dans une pornographie de la violence.
Elsa Dorlin (philosophe, Univ. Toulouse - Jean Jaurès/Erraphis) : « La monstration de la violence »
Francesca Arena (historienne de la médecine, Univ. Genève/IEH2) : « Comment retracer les savoirs médicaux précoloniaux »